Affaire Balogun : la levée de suspension actée par un seul homme à la FIFA
Selon The Times, c'est le seul président de la commission de discipline de la FIFA, l'Émirati Mohammad al-Kamali, qui a validé la levée de la suspension de Folarin Balogun, sans consulter les 17 autres membres de l'instance.
Le feuilleton Balogun rebondit. D’après les révélations du quotidien britannique The Times, la décision controversée de lever la suspension de l’attaquant de Monaco n’a pas été prise collégialement par la commission de discipline de la FIFA, comme le veut pourtant l’usage pour ce type de dossier sensible. C’est en réalité une seule personne, le président de cette commission, l’Émirati Mohammad al-Kamali, qui aurait tranché seul, sans consulter aucun des 17 autres membres de l’instance.
Pour mémoire, Folarin Balogun avait été expulsé lors du huitième de finale de la Coupe du monde face à la Bosnie-Herzégovine, sanctionné pour une semelle sur Tarik Muharemović, jugée involontaire mais suffisamment dangereuse pour justifier un carton rouge direct. Une exclusion qui aurait dû, mécaniquement, entraîner une suspension automatique pour la rencontre suivante face à la Belgique, perdue 4-1 par les Américains.
Sauf que cette suspension a finalement été levée dans des circonstances pour le moins troubles. Donald Trump avait lui-même reconnu avoir appelé son « ami » Gianni Infantino, président de la FIFA, pour tenter d’obtenir l’annulation de la sanction visant l’attaquant monégasque. La Fédération internationale avait ensuite communiqué sur une suspension « pour une période probatoire d’un an », assortie d’une amende de 40 000 dollars, en s’appuyant sur l’article 27 du code disciplinaire, connu pour son flou juridique.
Selon The Times, il n’est pas rare que des affaires disciplinaires de la FIFA soient réglées par un seul membre du comité, généralement le vice-président colombien Jorge Palacio. Mais c’est la première fois que Mohammad al-Kamali, élu à ce poste lors du congrès 2025 de la FIFA, prend seul ce type de décision, selon l’analyse de plus de cent affaires précédentes menée par le journal britannique. Les dossiers les plus sensibles sont normalement examinés par un groupe de trois membres au minimum.
Ni la FIFA ni le président de la commission de discipline n’ont pour l’heure souhaité s’exprimer sur ces nouvelles révélations, qui alimentent un peu plus les soupçons d’ingérence politique dans cette affaire déjà largement commentée depuis la Coupe du monde.