Coupe du monde : l’UEFA envisage un boycott face au projet d’Infantino
Le plan de Gianni Infantino visant à céder une partie des droits de la Coupe du monde à des investisseurs privés proches de Donald Trump provoque la colère de l'UEFA, qui n'exclut plus un boycott.
L’instance dirigée par Gianni Infantino a mis le feu aux poudres. Selon RMC Sport, l’UEFA a convoqué une réunion d’urgence cette semaine après avoir appris, par voie de presse et non directement de la FIFA, les intentions du dirigeant italo-suisse concernant l’avenir commercial du Mondial et de la Coupe du monde des clubs.
Le projet en question a été révélé par The Times : la création d’une société commerciale valorisée à près de 20 milliards de dollars, dont 20 à 30 % des parts seraient cédées à un groupe d’investisseurs dirigé par Joshua Kushner, le frère de Jared Kushner, proche de l’entourage de Donald Trump. Toujours selon les informations relayées, Infantino promettrait par ailleurs un chèque de 20 millions de dollars aux fédérations qui apporteraient leur soutien à cette initiative, une manœuvre perçue comme un moyen de sécuriser sa réélection à la tête de la FIFA prévue en 2027.
Pour l’UEFA, le message est limpide : la FIFA chercherait purement et simplement à « vendre la Coupe du monde ». Une lecture qui a immédiatement débouché sur un communiqué officiel dans l’après-midi, présenté comme un premier avertissement avant une riposte plus structurée. L’objectif affiché des Européens est désormais de faire front commun face à Zurich.
La FIFA veut « vendre la Coupe du Monde »
L’option la plus radicale évoquée à ce stade concerne la Coupe du monde féminine 2027, organisée au Brésil. D’après Sky Sports, les nations européennes pourraient envisager de boycotter purement et simplement la compétition si aucun compromis n’était trouvé avec la FIFA. Le Mondial masculin de 2030, coorganisé par le Maroc, le Portugal et l’Espagne, n’est en revanche pas concerné par ces menaces pour l’instant, même si l’UEFA explore, selon les mêmes sources, toutes les pistes de pression possibles.
Ce climat de confrontation n’est pas inédit entre les deux instances. En 2021 déjà, l’UEFA avait brandi la menace d’un boycott pour s’opposer au projet d’un Mondial organisé tous les deux ans, poussant finalement Gianni Infantino à faire machine arrière. Le scénario pourrait donc se répéter, avec cette fois un enjeu financier et géopolitique bien plus lourd, mêlant droits télévisuels, investisseurs privés américains et gouvernance du football mondial.