Girondins de Bordeaux : pourquoi les 10,6 M€ du sauvetage arrivent trop tard
Bordeaux a bel et bien réuni les fonds réclamés par la DNCG, mais un problème de calendrier pourrait priver le club de tout recours devant le CNOSF.
C’est un rebondissement cruel pour les Girondins. Après l’exclusion prononcée par la DNCG puis confirmée en appel, Bordeaux avait fini par trouver l’argent qui lui manquait : Sparta Capital a injecté 10,6 millions d’euros, une somme censée financer la saison 2026-2027, éponger les arriérés de l’exercice précédent et couvrir les premières échéances du plan de continuation.
Problème : selon les informations de Sud Ouest, le conciliateur du CNOSF aurait considéré cet apport comme un « élément nouveau », intervenu après le passage du club devant la commission d’appel de la DNCG, le 15 juillet dernier. Or l’instance sportive est censée juger la régularité de la décision initiale à partir du dossier tel qu’il existait à ce moment précis, sans nécessairement pouvoir intégrer les évolutions financières survenues depuis. Ce risque procédural avait d’ailleurs été anticipé avant même l’ouverture de la conciliation.
Le paradoxe est saisissant : Bordeaux dispose aujourd’hui des garanties financières exigées, mais elles sont arrivées après coup. Ni la cession des titres de Gérard Lopez à Sparta Capital pour un euro symbolique, ni l’abandon de ses créances, n’ont suffi à combler rétroactivement les insuffisances relevées en appel. Un projet économique plus solide en août ne rebat pas automatiquement les cartes d’une décision rendue en juillet.
Le club rappelle que le Comité exécutif de la FFF demeure seul habilité à statuer, et met en avant plus de 20 millions d’euros de garanties désormais apportées par les investisseurs.
Car si l’avis du CNOSF reste consultatif, la vraie décision appartiendra à la Fédération française de football. Bordeaux compte également actionner les recours qui lui restent, notamment devant le tribunal administratif. Sur le papier, le financement nécessaire à la survie du club existe désormais. Reste à savoir si la justice sportive, puis la justice administrative, accepteront de prendre en compte un sauvetage financier construit après coup, plutôt qu’au moment où la DNCG avait tranché.