Girondins : la place de la data dans le projet Sparta Capital inquiète déjà
Alors que Sparta Capital et Park Bench s'apprêtent à reprendre les rênes des Girondins de Bordeaux, le rôle central promis à la data et à l'intelligence artificielle dans le futur projet sportif fait naître de premières craintes en interne.
À Bordeaux, la question n’est plus tant de savoir dans quelle division évoluera le club la saison prochaine, mais bien ce que sera son identité sportive future. Le projet de reprise porté par Sparta Capital, associé à la société américaine Park Bench, commence à susciter des interrogations sur sa philosophie, notamment sur la place qui sera accordée aux données et aux outils technologiques dans la reconstruction du club girondin.
Dans Le Talk de WebGirondins, l’observateur Jonathan D’Agostino a fait part de son inquiétude face à un usage qu’il juge potentiellement excessif de la data et de l’intelligence artificielle dans les futures décisions sportives du club. Sans rejeter ces outils en bloc, il redoute qu’ils ne finissent par prendre le pas sur l’expertise humaine, le flair des recruteurs et le savoir-faire français en matière de formation.
« Si on doit devenir un club ChatGPT, je ne vois pas l’intérêt », a-t-il lancé.
Cette crainte fait écho aux précisions apportées par Laurent Crocis, journaliste à L’Équipe, selon qui Park Bench serait amené à financer et à piloter la politique sportive du club, à définir des profils de joueurs et à développer les outils data. La structure américaine pourrait également peser sur la formation, les infrastructures ou l’accompagnement de la performance, un périmètre bien plus large que celui d’un simple investisseur en retrait des décisions quotidiennes.
Le débat reste toutefois anticipé, rien n’indiquant à ce stade que le recrutement bordelais serait confié à des algorithmes ou que les techniciens historiques du club seraient marginalisés. Laurent Crocis rappelle d’ailleurs l’importance de s’appuyer d’abord sur les personnes ayant construit l’effectif actuel et connaissant les spécificités de la Ligue 2 puis, désormais, de la quatrième division. Le principal enjeu pour Park Bench sera donc moins d’ordre technologique que culturel : moderniser un club historique du football français sans effacer les compétences locales sur lesquelles repose sa reconstruction.