Gourcuff à l’OL en 2010 : le poids d’un transfert hors norme
Retour sur l'été 2010, quand Lyon misait gros sur Yoann Gourcuff pour reconquérir le titre de champion et redevenir la référence du football français.
Été 2010 : l’Olympique Lyonnais frappe un grand coup en s’attachant les services de Yoann Gourcuff. Au-delà du simple recrutement sportif, le club rhodanien voit en lui l’homme providentiel censé permettre à l’OL de reconquérir un titre de champion de France perdu coup sur coup au profit de Bordeaux puis de Marseille. La mission est vaste : Gourcuff doit non seulement relancer le jeu lyonnais, mais aussi hériter des coups de pied arrêtés jusque-là dévolus à Juninho, tout en s’entendant avec Lisandro Lopez et Miralem Pjanic.
Le pari financier est conséquent pour l’époque. Lyon débourse 22 millions d’euros, un montant pouvant grimper jusqu’à 26,5 millions avec les bonus, et propose au joueur un contrat de cinq saisons évalué à six millions d’euros bruts annuels. Une somme colossale alors que Gourcuff sort d’une période compliquée, marquée par des pépins physiques à répétition, une baisse de forme nette et le fiasco collectif des Bleus lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud.
Jean-Michel Aulas voit également en cette arrivée un formidable levier commercial. Le stade de Gerland est ouvert à 15 000 supporters pour l’occasion, une présentation façon grand club avec confettis est organisée, empruntant les codes habituellement réservés au Real Madrid ou au FC Barcelone. Dans la foulée, les abonnements et les ventes en boutique repartent à la hausse : Gourcuff devient, le temps d’un été, le symbole d’un OL qui veut changer de dimension.
Le joueur s’était contenté de promettre de « faire de son mieux », quand son président évoquait de son côté un transfert « hors norme ».
Mais le costume taillé pour Gourcuff s’avère nettement trop grand. Handicapé par des blessures récurrentes tout au long de son passage lyonnais, le milieu offensif ne dispute finalement que 96 rencontres sur les 254 possibles durant ses cinq saisons sous le maillot de l’OL. Un rendement très en deçà des attentes démesurées placées en lui au moment de sa signature, symbole d’un transfert qui n’aura jamais totalement tenu ses promesses malgré l’investissement colossal consenti par le club rhodanien.