Investisseurs privés à la Fifa : Infantino se défend face à la fronde
Critiqué de toutes parts pour son projet de société commerciale ouverte aux fonds privés, le président de la Fifa Gianni Infantino a tenu à clarifier ses intentions, assurant qu'il ne s'agit que d'une proposition et non d'une obligation.
La sortie n’était pas passée inaperçue. Mardi, la Fifa dévoilait dans un communiqué un projet inédit : ouvrir le capital d’une société commerciale à des investisseurs privés afin de doper les revenus du football mondial. Un plan qui a immédiatement suscité une vague d’inquiétudes chez plusieurs acteurs majeurs du sport, pris de court par l’annonce.
Mercredi, Gianni Infantino est monté au créneau dans une vidéo diffusée par l’instance mondiale pour tenter de calmer le jeu. Le patron de la Fifa a insisté sur le caractère facultatif de sa proposition, la présentant comme le point de départ d’une consultation plutôt qu’une réforme imposée. Il assure que ce plan s’inscrit dans un cadre démocratique et que rien n’est figé à ce stade.
« C’est une opportunité, mais pas une obligation. Elle marque le coup d’envoi du processus de consultation », a affirmé Gianni Infantino.
Les critiques n’ont pourtant pas tardé à s’accumuler. Selon les informations rapportées, les fédérations anglaise et française ainsi que l’UEFA ont fait part de leurs réserves face à un projet susceptible de bouleverser les équilibres financiers actuels du football international. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a lui aussi exprimé son opposition, tandis que l’Union européenne a dénoncé une « commercialisation effrénée » jugée nocive pour le sport.
Pour justifier sa démarche, Infantino met en avant un déséquilibre qu’il juge criant : une trop faible partie des revenus générés par le football profiterait aux acteurs qui en ont le plus besoin. Le dirigeant évoque la possibilité de reverser environ 20 millions de dollars, soit près de 17,5 millions d’euros, à chacune des 211 fédérations membres de la Fifa, sur la base du volontariat. Il cite en exemple le parcours du Cap-Vert, sélection qui avait créé la surprise en atteignant les huitièmes de finale du dernier Mondial pour sa toute première participation, comme symbole des ambitions de développement portées par ce projet.
Reste que la méthode interroge autant que le fond. Plusieurs instances disent ne pas avoir été consultées avant la révélation du projet, alimentant la défiance autour d’une réforme qui, si elle venait à se concrétiser, redessinerait en profondeur le modèle économique du football mondial.