La Fifa veut ouvrir son capital à des investisseurs privés, tollé général
Gianni Infantino confirme son projet de créer une société commerciale liée à la Fifa et d'y faire entrer des investisseurs privés, une initiative qui déclenche une vague de critiques, de l'UEFA à l'ancien président Sepp Blatter.
À peine la Coupe du monde 2026 achevée, Gianni Infantino se retrouve de nouveau sous le feu des critiques. La Fifa a confirmé ce mardi son intention de créer une société commerciale distincte, dont le capital pourrait s’ouvrir à des investisseurs privés. L’objectif affiché : lever plusieurs milliards d’euros pour renforcer les moyens de l’instance mondiale du football.
Pour convaincre les fédérations nationales, souvent réticentes face à ce type de montage financier, le président de la Fifa mise sur un argument concret : une augmentation substantielle de leur dotation annuelle. Une promesse censée rallier les petites fédérations, particulièrement dépendantes de ces financements pour leur développement.
Mais l’annonce n’a pas tardé à provoquer des réactions hostiles. L’UEFA a répliqué avec une virulence inhabituelle, dénonçant une tentative de privatisation d’un bien commun. L’instance européenne a fait valoir qu’aucune organisation, aussi puissante soit-elle, ne devrait pouvoir disposer seule de l’avenir du football mondial.
« Personne n’a le droit de vendre notre sport », a lancé Sepp Blatter, ancien président de la Fifa entre 1998 et 2015, sorti de son silence pour fustiger le projet de son successeur.
Cette sortie de l’ex-dirigeant, souvent discret depuis son départ controversé de l’instance, illustre l’ampleur de la fronde suscitée par ce dossier. Entre défenseurs d’un modèle économique jugé nécessaire pour financer le développement du football et opposants dénonçant une marchandisation excessive de la discipline, le débat s’annonce loin d’être clos dans les prochains jours.