Las Vegas : le casino Venetian écope d’une amende de 7,2 millions de dollars dans l’affaire Bowyer
Le régulateur des jeux du Nevada a annoncé un accord à 7,2 millions de dollars avec le casino Venetian, quatrième établissement du Strip sanctionné pour des manquements à la lutte anti-blanchiment liés au bookmaker clandestin Mathew Bowyer.
Le dossier Mathew Bowyer continue de faire trembler les grands noms du jeu à Las Vegas. Selon des informations reprises par iGaming Business, le Venetian a accepté de payer une amende de 7,2 millions de dollars après avoir été mis en cause pour des manquements graves à ses obligations de lutte contre le blanchiment d’argent, en lien direct avec les activités de ce bookmaker clandestin condamné.
Le Nevada Gaming Control Board a déposé, le 25 juin dernier, un accord de règlement ainsi qu’une plainte en quatre chefs d’accusation contre l’établissement. Comme pour Resorts World Las Vegas, MGM Resorts et Caesars Entertainment, sanctionnés l’an dernier dans des affaires similaires, le Venetian est accusé de ne pas avoir vérifié l’origine des fonds de Bowyer, de ne pas l’avoir banni malgré des soupçons avérés, et d’avoir laissé son hôte de jeu taire des informations sensibles à sa hiérarchie.
Bowyer, qui avait plaidé coupable en août 2024 pour blanchiment d’argent et fausses déclarations fiscales, a depuis été inscrit sur la liste noire des casinos du Nevada, une exclusion à vie du territoire. D’après la plainte, il a fréquenté le Venetian de 1999 à 2024, la période 2019-2024 étant particulièrement scrutée par les enquêteurs : sur cette fenêtre, il aurait déposé 22,3 millions de dollars et perdu 3,6 millions rien qu’entre 2019 et 2021.
Le montant de l’amende n’est pas anodin : il correspondrait à un doublement des profits générés par le casino grâce aux mises de Bowyer, une méthode de calcul déjà utilisée par le régulateur lors de la sanction infligée à Caesars, où l’amende avait représenté le triple des gains réalisés. Le Venetian a par ailleurs reconnu l’intégralité des faits qui lui sont reprochés, à l’image de MGM et Caesars, quand Resorts World avait pour sa part refusé d’admettre sa responsabilité.
« Leurs propres équipes de conformité anti-blanchiment ont examiné mes finances, repéré les signaux d’alerte, et m’ont quand même laissé continuer à jouer », a réagi Mathew Bowyer sur les réseaux sociaux.
Si l’accord est validé par la Commission des jeux du Nevada, qui doit se prononcer le 20 août, les quatre casinos concernés auront versé au total 34 millions de dollars d’amendes dans cette affaire. Un dossier qui illustre les failles persistantes des dispositifs de conformité sur le Strip et rappelle, plus largement, les enjeux de régulation entourant les paris, qu’ils soient clandestins ou encadrés.