Maroc éliminé : les confidences qui écornent l’aura de Ouahbi
Après la défaite 2-0 face aux Bleus, des propos rapportés par Adrien Rabiot laissent entrevoir un malaise dans le vestiaire marocain autour du plan de jeu très prudent de Mohamed Ouahbi.
L’élimination du Maroc en Coupe du monde ne se limite pas à un simple constat sportif. Battus 2-0 par une équipe de France injouable ce soir-là, les Lions de l’Atlas n’ont jamais réussi à inquiéter leurs adversaires. Mais ce sont surtout les mots d’Adrien Rabiot, rapportés après la rencontre, qui ont attiré l’attention sur l’état d’esprit du vestiaire marocain.
Sur beIN Sports, le milieu tricolore a d’abord évoqué la sérénité affichée par les Bleus tout au long du match. Il a ensuite révélé avoir échangé avec des joueurs marocains, qui lui auraient confié se sentir « plus forts il y a trois ans et demi », en référence évidente au parcours historique de 2022 sous la houlette de Walid Regragui. Une phrase qui, si elle reflète vraiment le sentiment du groupe, ressemble à une critique à peine voilée des choix opérés par le sélectionneur actuel.
« Nous avons senti qu’ils ne représentaient aucune menace pour nous. Il n’y avait rien à craindre de cette équipe durant tout le match », a lâché Adrien Rabiot sur beIN Sports.
Sur le terrain, le Maroc a effectivement proposé un visage méconnaissable comparé à celui du dernier Mondial : bloc bas, absence de véritable avant-centre et très peu d’ambition dans la construction du jeu. L’objectif semblait avant tout défensif, avec une volonté de limiter la casse plutôt que de rivaliser. Un contraste frappant avec l’équipe de 2022, capable de défendre solidement tout en se projetant rapidement vers l’avant.
La presse espagnole a dressé un constat similaire au lendemain de la rencontre. Le quotidien AS a parlé d’un « monologue français », pointant l’incapacité marocaine à ressortir proprement le ballon, tandis que Marca a estimé que les Bleus n’avaient même pas eu besoin de hausser leur niveau de jeu pour se qualifier. Des analyses qui viennent renforcer l’idée d’une prestation collective très en retrait.
Il aura donc suffi d’une première vraie désillusion pour fissurer l’aura installée autour de Mohamed Ouahbi depuis son arrivée. Les résultats précédents avaient jusqu’ici masqué certaines interrogations tactiques. Rien ne permet pour l’instant de parler de rupture ouverte entre le sélectionneur et son groupe, mais cette défaite met en lumière des doutes que les succès passés avaient su, jusque-là, contenir dans l’ombre.