Platini tacle les joueurs modernes et blâme l’arrêt Bosman
Dans un entretien accordé à L'Équipe, Michel Platini dénonce la perte d'attachement des footballeurs actuels envers leurs clubs et leurs supporters, une évolution qu'il relie directement à l'arrêt Bosman de 1995.
Michel Platini n’a jamais eu la langue dans sa poche, et il le confirme une nouvelle fois. Dans les colonnes de L’Équipe, l’ancien numéro 10 des Bleus s’est livré à une critique sévère du football contemporain, pointant du doigt non pas le niveau technique des joueurs, mais leur rapport au collectif et à l’institution club.
Pour l’ex-Ballon d’Or, quelque chose s’est perdu en chemin. Une génération entière de footballeurs se serait éloignée de l’idée même d’appartenance à un maillot, préférant construire une carrière individuelle plutôt que de s’inscrire durablement dans l’histoire d’un club.
« Nous avions des valeurs un peu différentes de celles des joueurs actuels », explique Platini.
Selon lui, l’époque où l’on jouait avant tout « pour une équipe, pour les supporters » appartient désormais au passé. Platini observe une mobilité permanente chez les joueurs modernes, qu’il associe à l’omniprésence des marques et à une logique de carrière individuelle poussée à l’extrême. Un constat qu’il assume pleinement, tout en reconnaissant qu’il s’exprime avec le regard d’une autre génération.
L’ancien président de l’UEFA ne s’arrête pas là. Il fait remonter cette rupture à un moment précis : l’arrêt Bosman de 1995, qu’il considère comme un tournant néfaste pour la philosophie du football tel qu’il le concevait. Selon Platini, cette décision de justice a ouvert la voie à un marché des transferts sans limites, où la libre circulation des joueurs a fini par affaiblir durablement le lien entre footballeurs, clubs et publics.
Ce n’est pas la première fois que Platini se montre incisif sur l’évolution du football moderne, lui qui a récemment critiqué la trajectoire actuelle du Ballon d’Or. Ses propos, teintés de nostalgie, viennent alimenter un débat récurrent sur la financiarisation du sport et la place laissée à l’attachement émotionnel dans un football désormais mondialisé.