Réforme du sport pro : nouvelle passe d’armes entre Labrune et Oughourlian
L'adoption par le Parlement de la réforme sur la gouvernance du sport professionnel a relancé la guerre des mots entre Vincent Labrune, président de la LFP, et Joseph Oughourlian, propriétaire du RC Lens.
La séquence parlementaire aurait pu clore un débat, elle a surtout ravivé une querelle. Après le vote de l’Assemblée nationale lundi puis celui du Sénat mardi, la réforme sur la gouvernance du sport professionnel a été définitivement adoptée. Une avancée législative qui, loin d’apaiser les tensions internes au football français, a servi de nouvelle tribune à Joseph Oughourlian pour régler ses comptes avec Vincent Labrune.
Fort d’une saison 2025-2026 réussie pour son club, deuxième de Ligue 1 et vainqueur de la Coupe de France, le président du RC Lens s’est présenté comme l’un des artisans du texte fraîchement voté. Selon lui, plusieurs clubs, dont l’Olympique de Marseille, ont pris les devants pendant que l’institution dirigée par Vincent Labrune serait restée sur la réserve.
« Il y a cette réforme, transformée en proposition de loi. J’y ai participé car des députés et des sénateurs m’ont appelé. Avec d’autres clubs comme l’OM, on a eu une attitude proactive. La Ligue, elle, s’est complètement figée, raidie. Dans un déni de réalité, et avec un côté un peu injurieux, elle a estimé que ‘tout ce qu’ils font est nul, qu’ils ne comprennent rien à rien’. »
Dans cet entretien accordé à L’Équipe, Joseph Oughourlian ne s’est pas arrêté à une simple critique de méthode. Il a directement pointé du doigt ce qu’il considère comme un échec collectif de la gouvernance actuelle de la Ligue de football professionnel, évoquant notamment la chute des droits TV consécutive à l’épisode DAZN, malgré le lancement de la plateforme Ligue 1+. Pour le dirigeant lensois, partisan de longue date d’une réforme profonde vers une société de clubs plutôt qu’un maintien du pouvoir centralisé à la LFP, cette responsabilité dépasse la seule figure de Vincent Labrune pour englober l’ensemble du conseil d’administration.
Cette nouvelle passe d’armes illustre la fracture persistante entre certains propriétaires de clubs et la direction de la Ligue, sur fond de contexte économique tendu pour le football français. Alors que le texte de loi vient d’être adopté, ses effets concrets sur la gouvernance du sport professionnel et sur l’équilibre des pouvoirs entre clubs et instance dirigeante restent désormais à observer dans les prochains mois.