Vincent Labrune visé par les sénateurs à l’origine de la réforme du foot pro
Les sénateurs Laurent Lafon et Michel Savin, artisans de la réforme du sport professionnel adoptée cette semaine, ont réglé leurs comptes avec le président de la LFP, accusé d'avoir méprisé les parlementaires lors d'une audition décisive.
La réforme de la gouvernance du football professionnel français, votée lundi à l’Assemblée nationale puis mardi au Sénat, ne s’est pas construite sans arrière-pensées. Invités de l’After Foot sur RMC, les sénateurs Laurent Lafon et Michel Savin ont profité de l’occasion pour évoquer les origines de ce texte, qui doit transformer la Ligue de Football Professionnel en société commerciale pilotée par les clubs.
Selon Laurent Lafon, président de la commission de la culture, de l’éducation et du sport au Sénat, c’est justement le comportement de Vincent Labrune lors d’une audition parlementaire qui aurait convaincu les élus de la nécessité d’une commission d’enquête, prémices de cette réforme.
« Vous savez, quand on a commencé la commission d’enquête, on fait cette commission d’enquête parce qu’on avait tous gardé un mauvais souvenir… pour le dire poliment », a confié Laurent Lafon. « Un mauvais souvenir d’une audition que nous avions faite du président de la Ligue de football professionnel quand il était venu pour présenter pourquoi il fallait créer une société commerciale, pourquoi c’était important pour le foot professionnel et pourquoi il ne fallait pas que le championnat français devienne le championnat slovène. »
Une pique qui en dit long sur les tensions accumulées entre le président de la LFP et les parlementaires ces derniers mois. Paradoxe souligné par les deux sénateurs : Vincent Labrune, opposé publiquement à cette réforme, en serait pourtant l’un des déclencheurs indirects, son attitude jugée hautaine devant les élus ayant précipité la mise en place d’une commission d’enquête sur la gouvernance du football professionnel.
Cette nouvelle loi, désormais votée par les deux chambres, prévoit une refonte profonde du mode de fonctionnement de l’instance dirigeante du football français, avec à la clé la disparition de la LFP sous sa forme actuelle au profit d’une société commerciale contrôlée par les clubs eux-mêmes. Un chantier suivi de près par l’ensemble du football professionnel hexagonal, alors que les discussions sur la répartition des droits TV et la gouvernance du championnat restent un sujet sensible.