L’ANJ dresse le bilan de sa première année et lance cinq chantiers post-Euro
Le régulateur français des jeux d'argent publie son tout premier rapport d'activité et annonce cinq chantiers pour encadrer publicité, bonus et limitations de mises après les dérives observées pendant l'Euro de football.
Un an après sa création, l’Autorité nationale des jeux (ANJ) tire un premier bilan. Depuis sa mise en place le 23 juin 2020, le collège du régulateur s’est réuni à 17 reprises et a adopté 240 décisions, posant les bases institutionnelles de la nouvelle régulation des jeux d’argent en France, héritée de la loi Pacte et de l’ordonnance d’octobre 2019.
Au menu de cette première année : renouvellement des agréments de dix opérateurs, adoption d’un plan stratégique 2021-2023 articulé autour de cinq axes centrés sur la protection du joueur, et déploiement d’outils inédits comme les plans d’action jeu responsable ou les cadres de référence sur l’addiction et le blanchiment. Un service dématérialisé d’interdiction volontaire de jeu a également été lancé, avec des délais d’inscription réduits.
Mais c’est surtout l’après-Euro de football qui retient l’attention. Le 21 juillet, l’ANJ a annoncé le lancement de cinq chantiers destinés à corriger les dérives constatées durant la compétition, avec un objectif de finalisation d’ici la fin de l’année. Sur la publicité, le régulateur a exigé des opérateurs un bilan à mi-parcours de leurs stratégies promotionnelles et se réserve la possibilité d’engager des sanctions en cas de manquement. Une consultation des parties prenantes doit démarrer à la rentrée, en parallèle d’un travail avec l’ARPP pour aboutir à des lignes directrices précises sur la publicité des jeux d’argent.
L’ANJ s’attaque aussi aux gratifications commerciales, ces bonus de bienvenue et offres de fidélité, en comparant les pratiques françaises à celles observées ailleurs en Europe pour définir ce que serait une offre « raisonnable ». Sur le volet addiction, un séminaire scientifique est prévu le 21 septembre afin d’établir une définition commune du jeu excessif, jugée aujourd’hui trop disparate selon les opérateurs. Des contrôles sont déjà en cours suite à des plaintes de joueurs qui estiment ne pas avoir été détectés à temps.
Autre point sensible : la limitation des mises, source récurrente de plaintes auprès du médiateur. Après une décision du Conseil d’État reconnaissant le joueur comme un consommateur, l’ANJ prépare une délibération encadrant plus strictement cette pratique, qui sera soumise au collège en septembre. Enfin, le régulateur confirme avoir saisi les autorités administratives et judiciaires au sujet de certains sites de pronostiqueurs, ou « tipsters », soupçonnés de pratiques commerciales trompeuses.